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Comprendre l’AOMI 1

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Qu’est-ce que l’Artériopathie Oblitérante des Membres Inférieurs (AOMI) ?

L’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) ou artérite est une maladie des artères qui se caractérise par la présence de sténoses (retentissements localisés du diamètre de l’artère), ou d’occlusions (formation d’un bouchon ou caillot dans le canal intérieur appelé lumière de l’artère), au niveau des artères qui assurent la vascularisation des membres inférieurs. Il en résulte une mauvaise irrigation ou “ischémie” des tissus et muscles irrigués par les artères atteintes.

Quels sont les symptômes de l’AOMI ?

L’AOMI peut être asymptomatique (sans manifestation ou silencieuse) ou se manifester par des douleurs qui apparaissent au cours de la marche (on parle de claudication intermittente), par des douleurs de repos (douleurs survenant en position allongée) ou par des troubles trophiques. Il existe une classification de l’AOMI, celle de Leriche et Fontaine, qui permet de différencier quatre stades en fonction des symptômes.

L’AOMI, une manifestation clinique de l’athérothrombose

L’AOMI est une des manifestations d’une maladie appelée l’athérothrombose. Il s’agit d’une maladie diffuse qui touche plusieurs territoires artériels : les artères des membres inférieurs mais aussi l’aorte et ses principales branches, les artères coronaires (artères du coeur), les artères carotidiennes (grosses artères de la tête et du cou) et leurs branches, les artères cérébrales (artères qui irriguent le cerveau). Il en résulte une grande variété de manifestations cliniques telles que l’AOMI, l’Infarctus Du myocarde (IDM) et l’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) ischémique.

De l’athérosclérose à l’athérothrombose

L’athérosclérose est due à un dépôt de graisse dans la paroi de l’artère qui aboutit à la formation de plaques qui, peu à peu, rétrécissent le diamètre des vaisseaux. Elle peut s’associer à la thrombose qui est la formation d’un caillot (ou thrombus) au niveau d’une lésion d’une plaque d’athérosclérose qui s’est rompue.

Ce mécanisme appelé athérothrombose entraîne une obstruction plus ou moins complète de l’artère.

Quel est le lien entre l’artère obstruée et la douleur ?

L’athérothrombose est responsable d’une diminution du calibre des artères qui peut conduire à leur obstruction complète.

Or, au cours d’un exercice physique (comme la marche), les besoins en oxygène des muscles augmentent. Normalement, l’organisme s’adapte à ces besoins supplémentaires par une augmentation du débit sanguin, apportant plus d’oxygène dans les organes. Mais la plaque d’athérosclérose va provoquer une gêne à l’écoulement sanguin, empêchant l’organisme de s’adapter aux besoins.

Le muscle est alors mal irrigué, il souffre du manque d’oxygène, ce qui se traduit concrètement par une douleur : on dit qu’il est en ischémie.

A l’extrême limite, si l’artère est complètement obstruée, il y aura interruption totale de la vascularisation d’un territoire donné, ce qui peut conduire à une nécrose des tissus si cet état de fait se prolonge.

L’athérothrombose est-elle uniquement localisée aux jambes ?

L’athérothrombose est une maladie générale des artères qui touche principalement, en dehors des artères des membres inférieurs, les artères carotidiennes, cérébrales et coronaires. L’athérothrombose peut donc se manifester sous la forme d’une AOMI, mais aussi d’un accident vasculaire cérébral (ischémique) ou d’un infarctus du myocarde. L’athérothrombose est favorisée par de nombreux facteurs appelés facteurs de risque, communs à tous les territoires artériels concernés.

Comment évolue cette maladie à long terme ?

En règle générale, l’évolution de l’AOMI est plutôt favorable, à condition qu’elle soit prise en charge et traitée. Au stade de claudication intermittente, une stabilisation voire une amélioration, est obtenue dans trois quarts des cas. Une aggravation est rapportée dans un quart des cas (avec recours à un geste chirurgical dans 5% des cas). Mais les personnes qui souffrent d’une AOMI ont un risque plus élevé de faire un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral, du fait des autres localisations possibles de la maladie athérothrombotique. L’association la plus fréquente est celle d’une arthériopathie oblitérante des membres inférieurs et d’une maladie des coronaires.

L’évolution de l’AOMI est-elle inéluctable ?

L’évolution d’une AOMI n’est pas linéaire et ne va pas forcément vers l’aggravation. Une évolution favorable de la maladie peut être observée, à condition qu’elle soit prise en charge et traitée. On peut ainsi améliorer les symptômes locaux et ralentir la progression de la maladie athérothrombotique sur le plan local (au niveau des jambes) mais aussi cardiaque et cérébral. Le pronostic de la maladie est ainsi sensiblement meilleur.

Quelles sont les conséquences si on ne traite pas cette maladie ?

Si cette maladie n’est pas traitée, les risques consistent en une aggravation de l’AOMI avec des complications locales pour les membres inférieurs (diminution de la distance de marche, douleur au repos, possibilité de gangrène, nécrose avec des risques d’amputation) et d’autres complications de l’athérothrombose avec risque d’accidents ischémiques au niveau cardiaque (infarctus du myocarde) et/ou cérébral (accident vasculaire cérébral ischémique).

Quels sont les différents stades de gravité de la maladie ?

La classification de Leriche et Fontaine permet de distinguer quatre stades cliniques en fonction des symptômes de l’AOMI.

Stades d'évolutionSymptômes
Stade IPas de symptôme
Stade IIClaudication intermittente
(douleur à l’effort musculaire)
Stade IIIDouleur de repos
(en position allongée)
Stade IVTroubles trophiques distaux
(ulcérations, gangrène)

Peut-on perdre l’usage d’un membre ?

Au stade de claudication intermittente, en l’absence de prise en charge, la distance de marche peut être de plus en plus limitée du fait de la progression de la maladie.

La claudication peut alors devenir très invalidante. Aux stades ultérieurs, la douleur peut aussi apparaître en position allongée. Enfin, l’apparition possible de troubles trophiques (ulcérations, gangrène) compromet l’avenir du membre concerné.

Faut-il craindre une extension à d’autres territoires de l’organisme ?

L’évolution générale de l’AOMI est très importante à prendre en considération car c’est une manifestation locale de la maladie athérothrombotique qui peut toucher d’autres territoires artériels : aorte et ses principales branches, artères coronaires, carotides, cérébrales. Une extension à d’autres territoires est donc toujours à craindre; D’où la nécessité d’un bilan clinique cardiaque et neurologique, à la recherche d’éventuelles lésions dans ces territoires artériels.

Qu’en est-il au niveau cardiaque ?

Toute personne ayant une AOMI est susceptible d’avoir aussi des lésions d’athérothrombose au niveau des artères coronaires qui irriguent le coeur. Le médecin va donc rechercher systématiquement s’il existe des signes qui évoquent une telle atteinte car elle peut exposer au risque d’angine de poitrine et d’infarctus du myocarde.

Qu’en est-il au niveau cérébral ?

Toute personne ayant une AOMI est susceptible d’avoir aussi des lésions d’athérothrombose au niveau des artères carotides et cérébrales. Le médecin va donc rechercher systématiquement s’il existe des signes témoignant d’une possible atteinte à ce niveau. La localisation de l’athérothrombose au niveau des carotides ou des artères cérébrales expose au risque d’accident vasculaire cérébral ischémique.

Qu’est-ce qu’un facteur de risque vasculaire ?

Un “facteur de risque”est un facteur qui favorise l’apparition d’une maladie. Dans le cadre des maladies vasculaires, il existe des facteurs de risque liés à l’environnement, à l’hérédité, à des maladies, mais aussi au mode et aux habitudes de vie. Certains facteurs de risque ne peuvent pas être modifiés (âge, sexe, antécédents personnels ou familiaux).

Il existe 4 facteurs de risque sur lesquels il est possible d’agir pour tenter de les modifier : le tabagisme, le diabète, l’hypertension artérielle et les anomalies du cholestérol.

Pourquoi est-il important d’évaluer mes facteurs de risque ?

Il est important d’évaluer vos facteurs de risque individuels car leur identification et leur contrôle, quand c’est possible (traitement de l’hypertension artérielle ou du diabète, arrêt du tabac, normalisation du taux de cholestérol), va permettre de diminuer le risque d’évolution de l’athérothrombose au niveau des artères des membres inférieurs mais aussi dans les autres territoires artériels, et donc de prévenir le risque d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral ischémique. Ainsi, il faut savoir que l’addition de facteurs de risque multiplie le risque de survenue d’une AOMI et ses complications.

 

Références :

  1. Brochure Artériopathie Oblitérante des Membres Inférieurs : 101 questions/réponses